Capsule n°10 – Aphtes en Ă©tĂ©, comment faire ?

L’étĂ© a ce goĂ»t de libertĂ©.
Des salades fraĂźches, des fruits juteux, des grillades parfumĂ©es…
Mais parfois, au dĂ©tour d’un repas, un petit rien fait grimacer : l’aphte.


đŸ”„ Un feu qui grimpe jusque dans la bouche

Les aphtes ne sont pas de simples petites plaies.
En mĂ©decine chinoise, ils sont le reflet d’un dĂ©sĂ©quilibre du Feu interne.

Quand le Yang surchauffe, quand les émotions flambent,
quand les plats sont trop épicés, gras ou rythmés par la précipitation

le Feu s’accumule et remonte vers la tĂȘte. Il assĂšche, il irrite.

Il touche l’Estomac, le CƓur, le Foie.
Et les symptĂŽmes s’accumulent : sĂ©cheresse buccale, langue rouge, irritabilitĂ©, insomnies, constipation, yeux rouges, eczĂ©ma…


đŸ” Le bon sens ancestral : apaiser, nourrir, rafraĂźchir

❌ On ne combat pas le Feu avec de la glace.
✅ On mange lentement, on choisit des textures fondantes,
on nourrit les Liquides, on laisse reposer le centre.

Quelques suggestions précieuses :

  • Bouillon clair de navet cuit lentement dans un pot en terre
    → Humidifie, calme la Chaleur de l’Estomac

  • Graines de lin trempĂ©es
    → RĂ©gulent les intestins et apaisent les muqueuses

  • Fleur de lotus (Lian Zi Xin)
    → Clarifie le Feu du CƓur, apaise le Shen

  • Graines de chia trempĂ©es dans une infusion de tilleul ou de feuilles de mĂ»rier
    → Rafraüchissent les tissus internes, protùgent la bouche et la gorge


🎯 Lecture Ă©nergĂ©tique des aphtes (rĂ©sumĂ©)

Organe en cause Signes dominants Plantes / Formules
Estomac (Feu) Haleine chaude, constipation, aphtes + salivation Shi Gao, navet, bouillons doux
CƓur (Feu) Aphtes sur la langue, insomnie, agitation Dao Chi San, Lian Zi Xin, Fu Xiao Mai
Foie (Feu) Aphtes liés au stress, eczéma, troubles menstruels Jia Wei Xiao Yao San, Bo He
Vide de Yin Bouche/gorge sĂšche, sueurs nocturnes, dents sensibles Zhi Bai Di Huang Tang, graines de chia

💡 À avoir dans sa trousse de secours naturelle

🧮 Fu Fang Xi Gua Shuang – pour application externe
→ Calme les douleurs buccales, angines, brĂ»lures et aphtes.


🍃 En conclusion


Et si nos aphtes étaient des messagers ?

Ils nous parlent d’un feu mal canalisĂ©,
d’un rythme Ă  rĂ©ajuster,
d’un besoin de paix dans nos rituels quotidiens.

Un repas pris Ă  heure fixe,
une cuillĂšre choisie avec soin,
une tisane servie à deux mains


Autant de gestes simples pour nourrir le Shen,
et cueillir l’étĂ© sans se brĂ»ler.

Capsule n°10 – Tao tĂȘ king-chap 2

Lao tseu
Laotseu

chapitre 2 (珏äșŒç« ) du Tao Te King de Lao Tseu (è€ć­).

珏äșŒç« 

ć€©äž‹çš†çŸ„çŸŽäč‹ç‚șçŸŽïŒŒæ–ŻæƒĄć·Č。
çš†çŸ„ć–„äč‹ç‚șć–„ïŒŒæ–Żäžć–„ć·Č。

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èŹç‰©äœœç„‰è€ŒäžèŸ­ïŒŒ
生而䞍有ç‚ș而䞍恃
ćŠŸæˆè€ŒćŒ—ć±…ă€‚
ć€«ć”ŻćŒ—ć±…ïŒŒæ˜Żä»„äžćŽ»ă€‚


Traduction

Lorsque tout le monde dans le monde reconnaßt le beau comme étant le beau,
alors existe déjà le laid.
Lorsque tout le monde reconnaßt le bien comme étant le bien,
alors il y a déjà le non-bien.

L’ĂȘtre et le non-ĂȘtre naissent l’un de l’autre.
Le difficile et le facile se forment l’un par rapport à l’autre.
Le long et le court se dĂ©finissent l’un par l’autre.
Le haut et le bas s’inclinent l’un vers l’autre.
Le son et le ton s’harmonisent entre eux.
L’avant et l’aprùs se suivent.

Ainsi le sage agit sans agir,
enseigne sans parler.

Toutes choses naissent par lui et il ne les refuse pas.
Il les produit sans les posséder.
Il agit sans en tirer orgueil.
Il accomplit l’Ɠuvre, puis ne s’y attache pas.

C’est prĂ©cisĂ©ment parce qu’il ne s’y attache pas,
qu’elle ne le quitte pas.


🔍 2. Enrichissement par l’Ă©tude n°1

 

  1. Sur la relativitĂ© des valeurs (矎 et 斄) :

    Lao Tseu introduit la dialectique taoĂŻste : tout ce qui est nommĂ© ou catĂ©gorisĂ© crĂ©e immĂ©diatement son contraire. C’est la naissance des dualitĂ©s. En nommant « beau », on crĂ©e « laid ». En dĂ©signant « bon », on fait exister « mauvais ».

  2. 盾生 (naissance mutuelle) :

    Il s’agit d’une idĂ©e fondamentale du Dao : toute chose existe par contraste. L’existence est toujours polarisĂ©e.

  3. Le sage et le non-agir (無ç‚ș) :

    Le sage agit dans le non-agir (wu wei), en suivant la voie naturelle du Dao sans imposer sa volontĂ©. Il n’enseigne pas par la parole, mais par son exemple.

  4. La vertu du détachement final :

    Le dernier vers souligne la quintessence du wu wei : crĂ©er sans revendiquer, faire sans s’approprier. Ainsi, son Ɠuvre demeure.


✹ Traduction  poĂ©tique

Lorsque tous reconnaissent le beau comme tel,
le laid apparaßt déjà.
Lorsque tous célÚbrent le bien,
le non-bien prend forme aussitĂŽt.

Car l’ĂȘtre naĂźt du non-ĂȘtre,
le difficile du facile,
le long du court,
le haut du bas,
les sons s’accordent dans la diffĂ©rence,
l’avant suit l’aprùs.

Ainsi le Sage vit dans le non-agir,
enseigne sans discours.
Il crée sans revendiquer,
agit sans s’attacher,
Ɠuvre sans s’enorgueillir.

Et c’est justement parce qu’il ne s’approprie rien,
que rien ne peut lui ĂȘtre ĂŽtĂ©.


🔍 3. Enrichissement par l’Ă©tude n°2

Étude commentĂ©e du chapitre 2 du Dao De Jing, croisĂ©e avec et selon la pensĂ©e taoĂŻste classique, notamment Lao Tseu, Tchouang Tseu (Zhuangzi) et Lie Tseu (Liezǐ).


📜 Chapitre 2 du Dao De Jing — Lecture commentĂ©e taoĂŻste


1. « Lorsque le monde reconnaßt le beau comme étant le beau, le laid apparaßt déjà. »

ć€©äž‹çš†çŸ„çŸŽäč‹ç‚șçŸŽïŒŒæ–ŻæƒĄć·Č。

 Lecture :

Lao Tseu nous met en garde contre le pouvoir des noms et des jugements. Nommer une chose « belle », c’est aussitĂŽt faire naĂźtre son opposĂ© : le « laid ». Le simple fait de dĂ©signer engendre la dualitĂ©.

📚 RĂ©fĂ©rence :

Tchouang Tseu dira plus tard :

ă€Œć§‹æœ‰æ˜ŻéžïŒŒć‰‡é“éš±çŸŁă€‚ă€
« DĂšs que naissent le « oui » et le « non », le Dao devient obscur. » (Zhuangzi, chapitre 2 — Discours sur l’ÉgalitĂ© des choses).

Cette idée est essentielle dans le taoïsme : tout jugement est séparation du flux du Dao. Le sage ne tranche pas, il observe sans fixer.


2. « Lorsque tous savent ce qu’est le bien, alors le mal est dĂ©jĂ  lĂ . »

çš†çŸ„ć–„äč‹ç‚șć–„ïŒŒæ–Żäžć–„ć·Č。

Lecture :

MĂȘme le bien, lorsqu’il est Ă©rigĂ© en valeur absolue, devient le germe du mal. C’est le piĂšge de la morale imposĂ©e.

📚 RĂ©fĂ©rence :

Lao Tseu, au chapitre 38 :

ă€Œć€±é“è€ŒćŸŒćŸ·ïŒŒć€±ćŸ·è€ŒćŸŒä»ïŒŒć€±ä»è€ŒćŸŒçŸ©ïŒŒć€±çŸ©è€ŒćŸŒçŠźă€‚ă€
« Lorsque le Dao est perdu, alors vient la vertu ; quand la vertu est perdue, vient l’humanitĂ© ; puis la justice ; et enfin la biensĂ©ance. »

L’ordre moral est vu comme une dĂ©gringolade depuis la spontanĂ©itĂ© originelle du Dao. Plus on moralise, plus on est loin de l’harmonie naturelle.


3. « L’ĂȘtre et le non-ĂȘtre naissent l’un de l’autre. »

æœ‰ç„Ąç›žç”Ÿ

 Lecture :

Il ne peut y avoir de « pleine jarre » sans vide. Le vide (無) est non seulement une absence, mais un principe actif. Il est ce qui permet l’usage.

📚 RĂ©fĂ©rence :

Dans Lie Tseu, on lit :

ă€Œè™›è€…ïŒŒé“äč‹ćžžäčŸă€‚ă€
« Le vide est la constante du Dao. » (Liezǐ, chapitre 1)

Et Lao Tseu au chapitre 11 :

ă€Œäž‰ćèŒ»ć…±äž€èœ‚ïŒŒç•¶ć…¶ç„ĄïŒŒæœ‰è»Šäč‹ç”šă€‚ă€
« Trente rayons convergent vers un moyeu ; c’est le vide central qui rend la roue utile. »


4. « Le difficile et le facile se forment l’un par rapport Ă  l’autre ; le long et le court se dĂ©finissent ensemble. »

é›Łæ˜“ç›žæˆïŒŒé•·çŸ­ç›žćœą

Lecture :

C’est le principe de relativitĂ© taoĂŻste. Rien n’a de qualitĂ© en soi. Tout se dĂ©finit dans une co-naissance. Le difficile n’est tel que par rapport Ă  ce qui est facile.

📚 RĂ©fĂ©rence :

Tchouang Tseu dans le Qi Wu Lun :

ă€ŒćœŒæ˜Żäč‹é–“ïŒŒć‰‡ç‚șæœŸçŸŁă€‚ă€
« Entre le “cela” et le “ceci”, il y a un intervalle, un espace d’indĂ©cision. »

Le sage reste dans l’intervalle, il ne tranche pas. Il ne prend pas parti. Il voit les deux sans s’attacher à aucun.


5. « Ainsi le sage agit sans agir (wu wei), enseigne sans parler. »

æ˜Żä»„è–äșșè™•ç„Ąç‚șäč‹äș‹ïŒŒèĄŒäžèš€ä苿•™ă€‚

Lecture :

Le wu wei (無ç‚ș), souvent mal traduit par « non-agir », est plutĂŽt agir sans forcer, laisser le Dao Ɠuvrer Ă  travers soi. Le sage ne s’impose pas, il laisse se faire.

📚 RĂ©fĂ©rence :

Dans Zhuangzi :

ă€Œè–äșșç„ĄćžžćżƒïŒŒä»„ç™Ÿć§“ćżƒç‚ș濃。」
« Le sage n’a pas de cƓur propre, il prend le cƓur du peuple pour cƓur. » (Zhuangzi, chapitre 5)

Et dans Lie Tseu, il est dit :

「無ç‚ș而æČ»ïŒŒäžæ•™è€ŒćŒ–ă€‚ă€
« Gouverner sans action, transformer sans enseigner. »

Cela illustre un principe pédagogique taoïste : la transmission par résonance, non par discours.


6. « Il produit, mais ne possĂšde pas ; agit, mais ne revendique pas ; accomplit, mais ne s’attache pas. »

生而䞍有ç‚șè€ŒäžæƒïŒŒćŠŸæˆè€ŒćŒ—ć±…ă€‚

 Lecture :

Le sage reste transparent, comme le vent qui passe, sans laisser son nom gravé. Il ne tire aucun mérite personnel.

📚 RĂ©fĂ©rence :

Tchouang Tseu évoque souvent les sages comme des hommes de vent, qui ne gardent rien de leur passage, car ils sont le passage.

Lao Tseu résume au chapitre 10 :

「生äč‹ç•œäč‹ïŒŒç”Ÿè€Œäžæœ‰ïŒŒç‚șè€ŒäžæƒïŒŒé•·è€Œäžćź°ïŒŒæ˜ŻèŹ‚çŽ„ćŸ·ă€‚ă€
« Nourrir sans possĂ©der, agir sans dĂ©pendre, guider sans dominer — voilĂ  la vertu mystĂ©rieuse. »


đŸ§˜â€â™‚ïž SynthĂšse selon la pensĂ©e taoĂŻste

Le chapitre 2 est un socle fondamental de la cosmologie et de l’éthique taoĂŻste :

  • Il Ă©tablit l’univers comme relatif, polarisĂ©, mouvant, sans absolu moral.

  • Il rappelle que tout jugement fixe est dĂ©jĂ  sĂ©paration d’avec le Dao.

  • Il propose un idĂ©al de sagesse sans traces : crĂ©er sans revendiquer, enseigner sans imposer, vivre sans forcer.


🔔 À mĂ©diter

« Le Dao n’agit pas, et pourtant rien ne lui Ă©chappe. »
(Lao Tseu, chapitre 37)

Ou encore :

« L’homme parfait est comme un miroir :
il reflÚte sans retenir, il accueille sans juger, il répond sans stocker. »
(Tchouang Tseu, chapitre 7)


Une capsule audio est en préparation pour compléter cette article.

Capsule n°9 – Le Rite Vivant du CƓur

🌿 Le Rite Vivant du CƓur – Capsule d’ÉtĂ©, Vendredi 4 juillet 2025

Au bord de la Loire
Au bord de la Loire

Il y a des pratiques qui ne s’apprennent pas dans les livres.
Elles s’incarnent.
Elles se vivent.
Elles se respirent.

Comme un secret qui ne se transmet qu’au bord d’un fleuve,
à l’ombre des arbres,
dans le bruissement du vent et le silence du corps qui s’éveille.

Ce dimanche 06 juillet,
le Qi Gong revient sur les rives de la Loire.
Et ce n’est pas un cours.
C’est un rite.

  • 📍 Rendez-vous Ă  La PLAGE – cĂŽtĂ© Saint-Cyr-sur-Loire, juste Ă  cĂŽtĂ© du restaurant CĂŽtĂ© St Cyr
  • 🕙 De 10h Ă  11h30
  • đŸŽŸïž 15 €  en individuelle / 24 € pour les couples
  • 📌 Inscription ici ou sur place, simplement

✹ Le Livre des Rites (Li Ji) dit


« Le rite harmonise les ĂȘtres avec le Ciel. »

Ce n’est pas une contrainte.
C’est une maniĂšre de rĂ©accorder sa vie.
Un geste lent.
Un regard tournĂ© vers l’intĂ©rieur.
Un souffle qui touche le Ciel et revient.

đŸ”„â˜Żïž Le Feu du Soleil, l’Eau du Fleuve

En mĂ©decine chinoise, le Feu gouverne le CƓur —
on l’appelle l’Empereur.
Il éclaire, il gouverne, il unit tous les organes sous une seule banniÚre :
celle de la Joie et de la Conscience claire.

Le soleil de juillet active ce feu impérial.
Mais sans l’Eau

le Feu consume, épuise, disperse.

Et c’est là que la Loire entre en scùne.
Comme une mĂšre silencieuse,
elle nourrit l’ombre, protùge les Reins,
l’essence vitale, la racine du Yin.

Pratiquer au bord de la Loire, en plein été,
c’est Ă©quilibrer le Ciel et la Terre.
C’est nourrir le Haut par le Bas,
le CƓur par les Reins,
le Feu par l’Eau.

C’est honorer en toi l’Empereur et le Gardien du Temple.
Et les faire dialoguer Ă  travers ton souffle.

đŸ„— Recette du week-end : La salade rouge & verte des bords de Loire

Parce que bien manger, c’est aussi du Qi Gong.
Parce que la diĂ©tĂ©tique chinoise ne sĂ©pare pas le corps de l’Esprit.
Et que l’ÉtĂ©, selon les anciens, se soigne avec des couleurs.

🌿 IngrĂ©dients locaux et vivants :

  • 2 tomates cƓur de bƓuf bien mĂ»res 🍅
  • 1 courgette crue en tagliatelles đŸ„’
  • 1 poignĂ©e de lentilles vertes cuites đŸ«˜
  • 1 c. Ă  soupe de chĂšvre frais
  • Quelques feuilles de basilic
  • Un zeste de citron + jus
  • Un filet d’huile de noix
  • Et
 6 cerises juteuses pour la surprise 🍒

Un bol de Feu et de Terre.
De fraĂźcheur et de douceur.
Pour calmer la chaleur interne, nourrir les liquides, apaiser le Shen.
Et surtout : te faire plaisir.

Le mot de la fin

Tu n’as pas besoin d’en faire plus.
Juste de t’arrĂȘter un instant.
De respirer lĂ  oĂč tu es.
De te relier à ce qui te dépasse.

Ce dimanche,
la Loire te tend les bras.
Ton corps aussi.
Et si tu venais ?

— Olivier 🌊