Tu pratiques.
Mais sais-tu quand tu pratiques ?Tu fais un mouvement,
mais sais-tu à quelle énergie tu t’accordes ?
Tu crois que le Qi est une machine.
Qu’il suffit de pratiquer « n’importe quand »,
« comme tu veux »,
« quand tu peux ».
Mais le Qi n’obéit pas à ta volonté.
Il suit le mouvement du Ciel et de la Terre.
« Celui qui suit le Dao s’accorde avec le Ciel.
Celui qui s’accorde avec le Ciel trouve la paix. »
— Lao Tseu, Tao Te King, chap. 16
Le Nei Gong n’est pas une technique figée.
C’est une résonance vivante avec l’univers.
Chaque jour.
Chaque saison.
Chaque souffle du vent change la carte.
Et si tu ne sais pas lire la carte,
tu avances peut-être…
mais dans le mauvais sens.
« En hiver, nourris l’intérieur.
En été, ouvre les souffles.
Le Ciel ne donne jamais la même clé deux fois. »
— Livre des Rites – Lǐjì, chapitre Yue Ling (月令)
Il y a des moments pour faire monter le Yang.
D’autres pour nourrir le Yin.
Des jours pour vider.
Des jours pour remplir.
Et si tu fais l’inverse ?
Tu fatigues.
Tu bloques.
Tu dérègles ton Shen.
« L’homme de bien suit les quatre saisons.
Il agit sans forcer, et pourtant tout est accompli. »
— Mencius
Les anciens savaient.
Ils observaient la forme des nuages.
Le cycle de la lune.
L’humidité du vent.
La pousse des herbes dans les jardins.
Et ils adaptaient leur pratique.
Parce qu’ils savaient que le Dao n’est jamais le même deux jours de suite.
« Le véritable homme…
respire avec les racines du Ciel et de la Terre,
et dort avec les saisons.
Il ne s’oppose à rien. Il se transforme avec tout. »
— Tchouang Tseu, chap. 6 – Le Signe de la Grande Harmonie
Et toi ?
Est-ce que tu écoutes les saisons ?
Est-ce que tu respires avec la pluie ?
Est-ce que tu pratiques avec ou contre la saison du moment ?
Parce que la pratique qui suit la saison te nourrit.
Mais celle qui l’ignore,
t’épuise.
« Le vent ne reste pas immobile.
L’eau ne lutte pas contre la pente.
Pourquoi l’homme se débat-il hors de son moment ? »
— Lie Tseu, chap. 1 – Le Vrai Livre du Vide Parfait
Alors pose-toi cette question :
Ton Qi Gong est-il vivant ?
Ou est-il prisonnier de ta routine ?
Le jour où tu sauras te synchroniser au lever du soleil,
au déclin de l’hiver,
à la montée du bois au printemps,
à la retenue de l’eau en novembre…
Ce jour-là,
le Qi te reconnaîtra.
Et tu n’auras plus besoin de forcer.
Tu flotteras dans le courant.
Tu ne pratiqueras plus…
tu seras pratiqué.


