Capsule N°18 – Zen & Bien être – le chapitre 1 du Tao Te King (道德經第一章)

Quand le Silence Crée l'Univers

Texte original

道可道,非常道。
名可名,非常名。
無名,天地之始;
有名,萬物之母。
故常無欲,以觀其妙;
常有欲,以觀其徼。
此兩者,同出而異名,
同謂之玄。
玄之又玄,眾妙之門。

Traduction littérale

Le Dao que l’on peut nommer n’est pas le Dao éternel.
Le nom que l’on peut nommer n’est pas le Nom éternel.
Sans nom : origine du Ciel et de la Terre.
Avec nom : mère de toutes choses.

C’est pourquoi, toujours sans désir, on contemple son mystère.
Toujours avec désir, on contemple ses manifestations.

Ces deux (l’Être et le Non-Être) ont la même origine, mais diffèrent par leur nom.
Ensemble, on les appelle le Mystère.
Mystère du Mystère — porte de toutes les merveilles.

Analyse structurée – Le langage du Mystère

Tout commence par un mot.
Mais dans le Tao, même un mot est déjà de trop.

Lao Tseu ouvre son livre par un paradoxe :

« 道可道,非常道。 »
“Le Dao que l’on peut dire n’est pas le Dao constant.”

Et ce premier caractère — 道 (Dao) — contient déjà l’infini.


道 — Le Souffle qui ordonne le monde

Le Dao, c’est la Voie, mais aussi le Souffle.
Pas une route que l’on emprunte, mais un mouvement qui nous traverse.
Il est le principe invisible qui relie tout :
le vent et la graine, le silence et la parole, la naissance et la mort.

Quand tu inspires, c’est le Dao qui entre.
Quand tu expires, c’est encore lui qui sort.

C’est ce qui fait pousser le blé, gonfler la mer, et grandir l’enfant.
Le Dao, c’est le rythme caché de la vie.
Tu ne peux pas le saisir… mais si tu t’arrêtes un instant, tu peux le sentir.


可道 — Ce qu’on peut dire

Vient ensuite 可道 (ke dao) :
littéralement, “ce qu’on peut dire, nommer, exprimer”.

Lao Tseu joue ici un jeu d’équilibriste.
Car 道 (dao) veut dire à la fois chemin et parole.
Autrement dit : dès que tu veux parler du Dao, tu t’en éloignes déjà.

C’est un peu comme essayer de décrire la couleur du vent.
Tu peux en parler, mais jamais la contenir.

Les mots sont utiles, mais ils deviennent des cages quand on oublie d’en sortir.
Le Dao n’est pas un concept, c’est une expérience.
Et toute expérience se perd si on la fige dans des mots.


 非常道 — La Voie qui échappe aux définitions

非常道 (fei chang dao) signifie littéralement :
“Ce n’est pas la Voie constante”,
ou encore : “Ce n’est pas la Voie absolue.”

Lao Tseu nous dit : tout ce que tu peux définir, expliquer, comprendre…
n’est déjà plus le vrai Dao.

Parce que la réalité vivante ne se laisse pas attraper.
Dès que tu la pointes du doigt, elle a déjà bougé.

C’est comme la surface d’un lac :
si tu veux y voir ton reflet, tu dois cesser d’agiter l’eau.

Ainsi, le sage ne cherche pas à comprendre le Dao,
il cherche à l’écouter.
Non pas avec la tête, mais avec le silence du cœur.


名 — Le nom, ou l’art de séparer

Puis vient 名 (ming) — le nom.
Le nom, c’est ce qui fixe, ce qui délimite, ce qui dit : “toi, tu es ceci, pas cela.”

Mais nommer, c’est déjà couper le monde en morceaux.
C’est croire qu’il y a une frontière entre le fleuve et la pluie,
entre ton souffle et celui du vent.

Nommer, c’est utile pour communiquer…
mais dangereux si tu oublies que derrière chaque mot, il y a un mystère.

Quand tu dis “arbre”, tu oublies que c’est une respiration.
Quand tu dis “moi”, tu oublies que c’est un flux.
Quand tu dis “vie”, tu oublies qu’elle danse toujours avec la mort.

Le Dao Te King nous invite à retirer les étiquettes pour retrouver le Vivant nu.
C’est cela, “revenir au non-nommé” — au silence d’avant les mots.


Le premier chapitre du Tao Te King n’est pas une théorie.
C’est une porte.
Une porte vers le silence.
Et Lao Tseu te murmure :
“Si tu veux la franchir, ne parle pas. Respire.”

Parce qu’au fond, la Voie n’est pas à comprendre.
Elle est à vivre.

Seconde partie – Le Mystère du Non-Nommé et du Nommé

無名,天地之始;
有名,萬物之母。

“Sans nom : origine du Ciel et de la Terre.
Avec nom : mère de toutes choses.”


Le silence d’avant les mots

Avant que le monde existe, il y avait le silence.
Pas le silence lourd de la solitude…
Mais un silence vibrant, plein de promesses.
Un silence comme le battement du cœur de l’univers avant le premier souffle.

C’est cela que Lao Tseu appelle 無名 (wu ming) — “le non-nommé”.

C’est l’origine du Ciel et de la Terre.
Là où tout commence, sans forme, sans couleur, sans contour.
Un état de pure présence.

Rien à comprendre, rien à expliquer.
Seulement un vide vivant, un océan tranquille avant la première vague.

Et puis, lentement… quelque chose bouge.
Une intention infime, comme un frisson.
Le Yin et le Yang s’éveillent.
Le Ciel se sépare de la Terre.
Et la vie se met à danser.


Quand le Dao se fait mère

C’est le moment du 有名 (you ming) — “le nommé”.
Quand l’invisible prend une forme,
quand l’indicible devient “chose”,
quand le vide se fait fleur.

Lao Tseu dit : “le nommé est la mère des dix mille êtres”.
Autrement dit : dès que le Tao se manifeste, tout apparaît.
Les montagnes, les rivières, les nuages, les hommes, les pensées…
Tout sort du même ventre : celui du Vide.

Le nommé, c’est la nature en mouvement, la création en action.
Mais si tu oublies qu’elle vient du non-nommé,
tu perds le fil du Mystère.
Tu vois les feuilles… mais tu oublies la racine.


Deux regards, un même monde

故常無欲,以觀其妙;
常有欲,以觀其徼。

“C’est pourquoi, sans désir, on contemple son mystère.
Avec désir, on contemple ses formes.”

Lao Tseu ne dit pas que le désir est mauvais.
Il dit qu’il change la manière dont tu regardes le monde.

Quand tu veux quelque chose, ton regard se fixe.
Tu vois la forme, la surface, la différence.
Mais quand tu n’attends rien, ton regard s’ouvre.
Tu vois l’unité derrière les apparences.

Sans désir, tu découvres le 妙 (miao) — le mystère subtil, ce qui échappe à toute explication.
Avec désir, tu vois le 徼 (jiao) — les contours, les limites, ce qui est visible.

Et la beauté du Tao, c’est que les deux sont vrais.
Le mystère et la forme ne s’opposent pas : ils se complètent.
L’un est la source, l’autre est le reflet.


Le Mystère du Mystère

此兩者,同出而異名,同謂之玄。
玄之又玄,眾妙之門。

“Ces deux viennent d’une même source,
mais portent des noms différents.
Ensemble, on les appelle le Mystère.
Mystère du Mystère : porte de toutes les merveilles.”

Le 玄 (xuan), c’est le mystère profond, la profondeur du visible.
Mais Lao Tseu va plus loin :
玄之又玄 — “mystère du mystère”,
comme s’il te disait : “ce que tu crois comprendre n’est encore qu’une ombre”.

Ce n’est pas une énigme à résoudre.
C’est une porte à franchir.

Et cette porte, elle est là — en toi.
Entre ton inspiration et ton expiration.
Entre le moment où tu fermes les yeux et celui où le silence te parle.

Là, tu n’as plus besoin de nommer.
Tu es dans le Tao.


Le Tao Te King commence par une leçon d’humilité :
tout ce que tu crois savoir sur la vie n’est qu’une coquille vide.
Ce que tu cherches est déjà là — mais sans forme, sans nom.

Tu veux le saisir ? Il te glisse entre les doigts.
Tu t’arrêtes, tu respires, tu écoutes ? Il t’enveloppe.

C’est cela, le 玄之又玄 :
le mystère du mystère,
la porte que seul le silence peut ouvrir.

Et c’est précisément ce que nous cherchons à vivre, ensemble, dans la pratique du Qi Gong taoïste :
le retour à la source silencieuse d’où tout jaillit.

Troisième partie — La voie de la contemplation

故常無欲,以觀其妙;
常有欲,以觀其徼。

“C’est pourquoi, sans désir, on contemple son mystère.
Avec désir, on contemple ses limites.”


Le monde n’a pas changé.
Mais ton regard, lui, peut tout changer.

Quand ton esprit désire, il choisit.
Quand il choisit, il se contracte.
Et quand il se contracte, il ne voit plus que la surface.

C’est la vision du monde à travers le prisme du vouloir :
vouloir comprendre, posséder, retenir, réussir.
Mais plus tu veux saisir la vie, plus elle t’échappe.


Lao Tseu ne dit pas : “n’aie pas de désir.”
Il dit : regarde d’où vient ton désir.

Quand le désir vient du manque, il enferme.
Quand il vient de la vie, il ouvre.

Regarde un enfant qui joue : il veut, oui, mais sans calcul.
Son désir ne cherche pas à posséder. Il cherche à goûter.
À expérimenter la vie qui bouillonne.


“Sans désir, on contemple son mystère.”

Quand tu n’attends rien, ton regard devient transparent.
Tu ne vois plus seulement les choses : tu vois le souffle qui les relie.
Tu vois le vent derrière la feuille, la lumière derrière la forme.

Tu ressens que tout ce qui existe est le même mouvement,
le même Qi, le même Tao en train de se transformer.

C’est dans ce regard-là — le regard sans attente —
que le monde te révèle son 妙 (miao) : le subtil, le merveilleux, l’invisible.


“Avec désir, on contemple ses limites.”

Et pourtant, il ne s’agit pas de fuir le désir.
Car c’est lui aussi qui donne la couleur à la vie.
C’est parce que tu désires que tu vis, que tu découvres, que tu crées.

Le secret n’est pas de tuer le désir, mais de l’éclairer.
D’apprendre à le traverser sans t’y perdre.

Le sage marche dans le monde sans être du monde.
Il agit sans forcer.
Il aime sans posséder.
Il regarde sans juger.

Et dans cette transparence, il goûte à la paix du Tao.


Quatrième partie — L’unité des contraires

此兩者,同出而異名,同謂之玄。
玄之又玄,眾妙之門。

“Ces deux naissent d’une même source,
mais portent des noms différents.
Ensemble, on les appelle le Mystère.
Mystère du Mystère — porte de toutes les merveilles.”


Le mystère du Tao, c’est qu’il contient tout ce qui semble opposé.
Le vide et le plein.
La lumière et l’ombre.
Le silence et le mouvement.

Ce que Lao Tseu appelle “ces deux-là” —
c’est le Non-Être et l’Être,
le monde invisible et le monde manifesté.

Ils ne s’opposent pas.
Ils se répondent.
Ils naissent ensemble, comme les deux faces d’une même respiration.


Quand tu inspires, tu accueilles le Non-Être.
Quand tu expires, tu offres l’Être.
Et dans le battement entre les deux,
il y a le Mystère.

Le texte dit : 同出而異名 (tong chu er yi ming)
“Ils sortent d’une même source, mais portent des noms différents.”

Ce que l’œil voit, le cœur le ressent.
Ce que le cœur comprend, le souffle l’exprime.
Tout est relié.
Tout est 玄 (xuan) — mystérieux, profond, indéfinissable.


“玄之又玄 (xuan zhi you xuan)” — “Mystère du Mystère.”

Lao Tseu nous emmène encore plus loin.
Il nous dit : même quand tu crois avoir compris le Mystère,
ce n’est qu’une porte.
Derrière, il y en a une autre.
Et encore une autre.

Le Tao est infini.
Chaque fois que tu crois le toucher,
il te montre un horizon plus vaste.

C’est un peu comme plonger dans l’eau :
plus tu descends, plus tu découvres la profondeur.
Et à la fin, tu comprends qu’il n’y a pas de fond.
Seulement le souffle.
Seulement la vie.


“眾妙之門 (zhong miao zhi men)” — “la porte de toutes les merveilles.”

C’est cela que cherche le pratiquant du Tao :
non pas comprendre la vie,
mais ouvrir la porte.

Cette porte n’est pas dans le ciel.
Elle est dans ton cœur,
à l’endroit précis où ton souffle devient silence.

C’est là que le monde visible rejoint l’invisible.
Là où le Yin et le Yang se fondent à nouveau dans l’unité.
Là où commence le vrai Qi Gong :
la pratique du Mystère vivant.


– Le Souffle du Tao

Lao Tseu ne t’invite pas à croire,
il t’invite à te souvenir.

Le Tao n’est pas ailleurs :
il respire à travers toi, à chaque instant.
Dans ton corps, dans ton souffle, dans ton silence.

Quand tu nommes, tu sépares.
Quand tu respires, tu unis.

Et c’est là que tout commence :
dans la paix du souffle,
dans la porte du Mystère,
dans le retour à la Source.


Le Tao vécu dans le corps – la voie du Dao Jia Yang Sheng Gong

On peut lire le Tao.
On peut le méditer.
Mais un jour, il faut le vivre dans son corps.

C’est là que commence le Dao Jia Yang Sheng Gong
la “Méthode taoïste de Nourrir la Vie”.

Cette pratique, c’est le Tao Te King en mouvement.
Chaque respiration, chaque geste, chaque silence
est une traduction vivante du texte de Lao Tseu.


Le corps comme miroir du Dao

Dans notre pratique à ARURA, on apprend d’abord à écouter le souffle.
Pas le souffle qui gonfle la poitrine.
Le souffle profond — celui qui relie la Terre au Ciel à travers nous.

Quand tu inspires, tu accueilles le vide.
Quand tu expires, tu offres la forme.
C’est exactement le cycle du Non-Nommé et du Nommé du Tao Te King.

Le vide devient mouvement.
Le mouvement redevient silence.
Et tout recommence.

C’est dans ce va-et-vient que la vie circule.
C’est là que naît le Qi.


Le “Non-Être” dans la pratique

Lao Tseu disait :

“Sans désir, on contemple son mystère.”

Dans le Qi Gong, cela veut dire :
ne cherche rien.
Ne cherche pas à bien faire,
à réussir la posture,
à retenir le souffle.

Laisse-toi traverser.

Le Dao agit quand tu cesses d’intervenir.
Ce n’est pas toi qui fais circuler le Qi —
c’est le Qi qui te respire.

Et plus tu entres dans ce non-agir (無為, wu wei),
plus le corps s’ouvre,
plus l’énergie devient claire,
plus le cœur devient paisible.

C’est le retour à l’origine, au 無名 (non-nommé).


Le “Être” dans le geste

Mais Lao Tseu ajoute :

Avec désir, on contemple ses formes.”

C’est ici que commence la forme juste,
le mouvement conscient,
le geste qui relie le dedans et le dehors.

Dans la méthode du Dao Jia Yang Sheng Gong,
chaque geste est un mot du Tao.
Chaque rotation du bassin, chaque levée de bras,
est une calligraphie invisible dans l’air.

Quand le corps bouge,
le Qi chante.
Et quand le Qi chante,
le Shen s’éveille.

Alors, le pratiquant devient un pont entre Ciel et Terre,
le même pont que trace Lao Tseu entre l’Être et le Non-Être.


Le Souffle de l’Eau – L’énergie des Reins

En cette saison d’automne qui glisse vers l’hiver,
notre travail se tourne vers l’élément Eau.
L’Eau, c’est le Rein et la Vessie dans la médecine taoïste.
C’est le domaine de la profondeur, du calme, du courage intérieur.

C’est aussi l’élément du Mystère.
Le 玄之又玄 — “Mystère du Mystère” — dont parle Lao Tseu,
est symboliquement lié à cette Eau qui dort sous la glace.

Dans la pratique,
le Rein est comme une source souterraine.
Quand tu respires dans ton bas-ventre,
quand tu laisses le Qi descendre jusqu’au Dantian,
tu entends à nouveau le murmure de cette source.

Le corps devient rivière.
Le souffle devient courant.
Et toi, tu redeviens le Tao en mouvement.


Le but n’est pas de comprendre, mais d’habiter

C’est ça, la voie du Dao Jia Yang Sheng Gong.
Ne pas chercher à comprendre le Tao,
mais à l’habiter.

À travers la pratique, tu apprends à marcher sans séparer.
À respirer sans forcer.
À être sans t’accrocher.

Et peu à peu, le texte de Lao Tseu
cesse d’être une énigme philosophique.
Il devient une sensation.
Une vibration.
Une évidence silencieuse.

Tu ne lis plus le Tao.
Tu le deviens.


Et si tu veux aller plus loin,
si tu veux sentir ce silence vivant à l’intérieur de toi,
alors le moment est parfait :

Le stage du samedi 16 novembre, consacré à l’énergie de l’Eau,
sera une plongée directe dans cette expérience du Tao vivant.

Une journée entière pour :

régénérer tes Reins,

retrouver ton calme intérieur,

comprendre le lien entre le Souffle et la Vitalité,

  • et pratiquer ce “Mystère du Mystère” dont parle Lao Tseu — dans ton propre corps.

Stage “Énergie de l’Eau – Rein & Vessie” – dimanche 16 novembre 2025. 9h/17h
📍 Avec Olivier Alleno 
🎟️ Inscriptions en conditions préférentielles jusqu’au 12 novembre 2025 (23h45) :
👉 taotonaute.systeme.io/stageenergiedeleau


Pour recevoir les Capsules Zen & Bien-Être avant tout le monde, inscrits-toi à la newsletter :
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Chaleureusement

Olivier ALLENO
Praticien et enseignant des arts du TAO
Passeur d’héritage

Capsule N°16 – Zen & Bien être – comment respirer l’automne pour retrouver ton énergie vitale

“Ce secret taoïste que la médecine chinoise cache depuis 2000 ans : comment respirer l’automne pour retrouver ton énergie vitale.”

Temps de lecture : 9 minutes

« Le vent devient plus frais, l’air commence à tirer. Certains matins, tu sens que ta gorge se serre, ta peau crisse, ton souffle s’épuise…
Et si ton corps t’avertissait : la sécheresse arrive.
Dans la Capsule 16, je t’enseigne un geste, une respiration, une recette, un rituel qui permet de recevoir la pluie intérieure avant que la sécheresse ne te consume. »


Respiration / Qi Gong minute

Thème : ouverture latérale + expansion thoracique douce
Variante Chen / Liao Fa : ondulation du haut du corps (auto-massage des poumons)
Durée : 60–90 secondes, à refaire 2–3 fois dans la journée

Pourquoi le faire maintenant ?

Quand l’automne avance, le souffle a besoin d’espace.
Pas un grand exploit, juste un geste qui ouvre, puis recueille.
Tu ouvres les côtes comme on entrouvre des volets, tu laisses entrer la lumière ; tu les refermes, et le calme revient.
C’est simple, c’est doux, et ça ré-accorde ton système Métal (Poumon ↔ Gros Intestin).

Ce que disent les textes classiques ?

Les textes conseillent en automne de recueillir l’esprit et de clarifier le Qi du Poumon : diriger moins vers l’extérieur, revenir au dedans. C’est la voie pour “nourrir le rassemblement”.
Zhuangzi rappelle la profondeur du souffle : « Le véritable homme respire par les talons » — image pour dire un souffle profond, silencieux, qui traverse tout le corps.
Lao-Tseu demande : « Peux-tu concentrer ton souffle jusqu’à la souplesse d’un nouveau-né ? » — le ton est donné : on vise la douceur, pas la force.
Et quand le mental s’éparpille, le Yi Jing (Hex. 59, Dispersion) rappelle qu’on dissout d’abord l’ego dispersé… puis on peut rassembler. Notre respiration fait exactement ce travail.

Pour ancrer le sens

  • Métal (Poumon/Gros Intestin) : paire saisonnière, fonction de trier / recueillir — ouvrir pour recevoir, refermer pour conserver l’essentiel.

  • Règle d’automne (Su Wen, chap. 2) : “collecter le shen-qi, ne pas s’épandre au dehors, clarifier le Qi du Poumon.” Notre micro-rituel incarne cette ligne : on ouvre (accueillir), on referme (recueillir).

La pratique guidée, tout de suite

Posture de départ. Debout, pieds largeur des hanches. Nuque longue, épaules lourdes, regard doux.
1) Inspire — OUVRIR. Laisse les côtes s’écarter latéralement (imagine deux volets qu’on ouvre). Les bras montent sur les côtés à mi-hauteur, paumes vers l’avant. Tu n’“emplis” pas, tu laisses entrer.
2) Expire — REFERMER. Les côtes se relâchent, les bras reviennent devant la poitrine, paumes face à face comme si tu rassemblais une sphère d’air tiède.
3) Rythme. 4 respirations douces. Pas d’effort : souple comme un nouveau-né (clin d’œil à Lao-Tseu).

Variante Tai Chi Chen / Liao Fa — “ondulation du haut du corps” (20–30 s).

  • À l’inspire, imagine une vague qui part du bas du sternum et roule jusqu’à la gorge : le thorax s’ouvre microscopiquement, la nuque reste libre.

  • À l’expire, la vague redescend, les clavicules se déposent, le haut du dos s’arrondit à peine (comme si tu soufflais sur un miroir).

  • Sens que la peau du thorax et des épaules “respire” — auto-massage des poumons de l’intérieur (Su Wen : clarifier le Poumon).

Une image pour t’aider …
Pense à un accordéon : si tu tires trop fort, le son se casse ; si tu tires souplement, l’air chante. Ton thorax est un accordéon : ouvre juste, referme juste. Le bon son, c’est le calme.

Quand la faire ?

  • Au réveil (installer le ton de la journée).

  • Avant un écran (décoincer la cage thoracique).

  • Le soir (rassembler, ). 3 mini-séries = 90 secondes.

Ce que tu dois ressentir.

  • Épaules plus “liquides”, nuque plus longue.

  • Un souffle qui descend bas (Zhuangzi), sans bruit, comme une eau souterraine.

  • Un mental moins dispersé (Hex. 59), capable ensuite de rassembler (respire, puis concentre).


En résumé en une phrase : Ouvre pour recevoir, referme pour recueillir — c’est le mouvement du Métal, la règle de l’automne, et la manière la plus simple d’aider tes poumons… sans forcer.


La Sagesse des Textes

Le souffle qui ne retient rien

Il y a un secret que tout le monde connaît, mais que presque personne ne pratique : respirer librement.
Pas seulement remplir ses poumons, mais laisser le souffle vivre sa vie.
Lao Tseu le disait déjà il y a vingt-cinq siècles :

« Celui qui force son souffle ne connaît pas le Dao. » (Dao De Jing, chap. 55)

Et pourtant… regarde nos journées :
on retient tout.
Le souffle. Les mots. Les émotions.
On s’accroche à ce qui devrait passer.
Résultat : la poitrine se serre, les pensées s’entassent, et le corps devient une maison sans fenêtres.

Apprendre à laisser aller l’air, c’est apprendre à laisser aller les choses.
Ce n’est pas de la philosophie abstraite.
C’est une pratique de survie intérieure.

Dans la médecine du Huangdi Neijing (Su Wen, chap. 3 et 5), le Poumon est décrit comme “le maître du Qi, celui qui régule les ouvertures et fermetures du corps.”
Il gouverne la respiration, mais aussi la peau, les pores, la capacité à prendre et rejeter.
En automne, disent les Anciens, “le Qi du Ciel descend et pénètre dans le Poumon”. C’est le moment où tout ce qui monte doit redescendre, comme la sève vers la racine.

Si tu retiens ton souffle, tu bloques ce mouvement naturel : le corps s’échauffe, le mental s’emballe, les émotions stagnent.
La Chine ancienne l’avait déjà compris : ce n’est pas l’air qu’on respire, c’est la vie qui circule.

Dans le Su Wen, on lit :

« Quand le Poumon est en harmonie, la respiration est juste ; le souffle du Ciel et celui de l’Homme s’unissent. »
Autrement dit : tant que tu respires contre toi-même, tu es séparé du monde.

Zhuangzi raconte qu’un jour, un disciple demanda :

« Maître, pourquoi les sages semblent-ils ne jamais se presser ? »
Et le maître répondit :
« Parce qu’ils respirent avec le monde, pas contre lui. »

C’est le cœur de la pensée taoïste : l’abandon actif, celui qui ne fuit rien mais s’accorde à tout.
Le Yi Jing, hexagramme 61 (Zhong Fu – La Vérité Intérieure), dit :

« Le vent passe au-dessus du lac : l’image de la vérité intérieure. Ainsi, le sage discerne le mouvement du souffle et s’accorde à lui. »
Autrement dit : quand ton souffle est sincère, il ne lutte plus. Il épouse le courant invisible du Dao.

Et Liezi, dans le Vrai Classique du Vide Parfait, résume tout :

« L’homme simple suit le souffle de la Terre ; l’homme accompli suit le souffle du Ciel. »
C’est une science du relâchement.
Pas du laisser-aller paresseux, mais de l’ajustement total au vivant.

Essaie maintenant un petit test.
Prends une profonde inspiration…
Et garde-la.
Quelques secondes.
Tu sens ?
La tension monte. Le cœur cogne. Le visage chauffe.
Ce n’est pas le souffle qui te manque, c’est la liberté.

Puis relâche.
Et remarque : quand tu souffles enfin, tu ne fais rien — tu permets.

C’est exactement ce que la nature fait à cette saison.
L’arbre ne “décide” pas de perdre ses feuilles : il les laisse partir.
L’automne est son expiration.
Et le printemps sera son inspiration.

Le corps fonctionne pareil : quand tu veux tout retenir, tu étouffes ; quand tu laisses circuler, tu revis.

En résumé …

Laisser aller l’air, c’est laisser aller les choses.
Le souffle devient une prière muette :
Inspire — je reçois.
Expire — je rends.

Et peu à peu, sans effort, tu comprends ce que Lao Tseu voulait dire :

« Celui qui suit le flux du Dao, rien ne peut le blesser.
Car il n’est plus une pierre dans le courant,
mais le courant lui-même. »


Marché du week-end

Saison : mi-octobre 2025 – fin d’automne énergétique (élément Métal).
Objectif : hydrater le Poumon, adoucir le Gros Intestin, préparer la transition vers la Terre.

Ce que nous mangeons façonne la qualité de notre souffle.
Pas seulement parce que “bien manger, c’est la santé” — non.
Mais parce qu’en médecine chinoise, chaque bouchée est un échange avec le Ciel.

Quand tu respires, tu captes le Qi du Ciel.
Quand tu manges, tu accueilles le Qi de la Terre.
Et le Poumon, disent les anciens, unit ces deux souffles pour former la vie.

Alors si ton alimentation est trop sèche, trop épicée, trop agitée… ton Poumon s’assèche.
Tu respires court, tu te fatigues vite, tu t’irrites pour rien.
Mais si tu manges en accord avec la saison — sobrement, chaudement, doucement —
tu redeviens un être respirant.

“Celui qui suit le rythme du Ciel et de la Terre, son souffle est juste.”
(Huangdi Neijing, Su Wen, chap. 3)

En octobre, le climat sec du Métal draine les liquides corporels.
La peau tiraille, la gorge pique, les intestins deviennent paresseux.
Le remède n’est pas de boire plus d’eau, mais de manger des aliments qui humectent et nourrissent les Poumons.

Selon la MTC :

  • Les aliments blancs, doux et juteux tonifient le Qi du Poumon et humidifient.

  • Les aliments riches en fibres et en huiles naturelles lubrifient le Gros Intestin.

  • Les cuissons douces (vapeur, mijoté léger) préservent les liquides Yin.

Ainsi, à cette période, la diététique devient respiration lente.
Chaque plat doit “souffler” dans ton corps plutôt que “brûler” ton énergie.

Dans le Su Wen (Livre II, chap. 22), il est écrit :

“L’automne correspond au Poumon. Celui qui blesse le Poumon, à l’hiver souffrira du Rein.”

Autrement dit : si tu négliges l’humidité interne maintenant, tu seras frileux et fatigué tout l’hiver.

Le Yi Jing, hexagramme 10 (Lu – La Marche) dit :

“Celui qui avance prudemment garde la lumière du Ciel en lui.”
C’est un conseil diététique déguisé : avance doucement, sans excès, sans précipitation.

Le Tao Te King (chap. 64) complète :

“Celui qui veut prendre les choses en main, les perd. Celui qui les accompagne, les garde.”
Mange comme tu respires : sans forcer.
C’est là tout le secret de la nutrition taoïste.


Les recettes & marché du week-end

Entrée — Soupe claire de navet, poire et céleri branche

  • Coupe un navet, une poire mûre et une branche de céleri.

  • Laisse frémir dix minutes dans un bouillon léger.

  • Bois chaud, à petites gorgées.

Bienfaits :

  • Navet → purifie la chaleur du Poumon, fluidifie les mucosités.

  • Poire → humidifie, adoucit la gorge.

  • Céleri → rafraîchit et régule la tension.

« Le Poumon aime l’humidité et déteste la sécheresse » (Su Wen, chap. 5).

Plat — Wok de champignons, courge et noix

  • Saisis légèrement des champignons de saison (shiitakés, pleurotes) avec un filet d’huile de sésame.

  • Ajoute des cubes de courge et quelques noix concassées.

  • Un soupçon de sauce soja ou tamari, puis couvre 2 minutes.

Bienfaits :

  • Champignons → soutiennent l’immunité, calment l’inflammation.

  • Courge → nourrit le Qi de la Rate et harmonise avec le Poumon.

  • Noix → lubrifient le Gros Intestin et renforcent le Rein.

Dessert — Compote de coing, figue et miel doux

  • Laisse mijoter doucement coings et figues dans un fond d’eau.

  • Ajoute une cuillère de miel en fin de cuisson.

Bienfaits :

  • Coing → tonifie le Poumon, arrête la toux sèche.

  • Figue → adoucit et humidifie.

  • Miel → nourrit le Yin, calme l’irritation.

En résumé …

Manger selon la saison, c’est comme pratiquer le Qi Gong à table.
Tu respires, tu mastiques, tu écoutes.
Tu n’avales pas : tu laisses les souffles se rencontrer.

Chaque bouchée devient un acte de présence.
Chaque repas, une méditation silencieuse.

“Ce qui nourrit le souffle, prolonge la vie.”
Huangdi Neijing, Livre I

Santé & Taoïsme appliqué

Le Poumon, miroir du Ciel : apprendre à se détacher sans se perdre

Il y a des moments où tout semble s’alourdir.
Le cœur est plein de souvenirs, la tête de pensées, les épaules de tensions.
Et plus tu veux t’en libérer, plus ça colle.

Tu crois qu’il faut “lâcher prise”. Mais en réalité, il faut laisser respirer.
Parce que le Poumon, en médecine chinoise, n’est pas seulement un organe :
c’est un pont entre le visible et l’invisible, entre ton souffle et celui du monde.

Chaque inspiration est une naissance.
Chaque expiration, une mort douce.
Et la santé du Poumon, c’est cette capacité à accueillir et à laisser partir — sans regret.

“Celui qui sait se contenter de peu ne manque de rien.”
Lao Tseu, Dao De Jing, chap. 33

Le Huangdi Neijing décrit le Poumon comme le “toit du corps”, le lieu où le Qi du Ciel pénètre pour nourrir le vivant.
Il “régit le souffle” et “commande les ouvertures” — ce qui signifie qu’il contrôle la respiration, mais aussi notre relation à l’extérieur.
Quand il est en harmonie, la peau respire, les émotions circulent, la voix est claire, le regard apaisé.

Mais lorsque le Poumon est entravé — par la tristesse, le deuil, la peur du changement — l’énergie se fige.
On retient la respiration, on ressasse, on s’épuise à lutter contre ce qui est déjà passé.
Le Su Wen (chap. 39) avertit :

“La tristesse consume le Poumon comme le feu brûle la brume.”

En d’autres termes :
plus tu t’accroches à ce qui devait partir, plus tu brûles ton souffle intérieur.
Et c’est là que la pratique devient médecine.

Le Yi Jing, hexagramme 23“Bo, l’Éclatement” — symbolise la chute des feuilles, la désagrégation des formes.
Il enseigne que tout ce qui vieillit doit se détacher pour que le neuf puisse apparaître.
C’est exactement la fonction du Poumon en automne :
éliminer ce qui est obsolète pour clarifier la voie du Qi.

Dans le Zhuangzi, on lit :

“Le souffle du Ciel et de la Terre n’a ni origine ni fin, il circule sans s’attarder.
L’homme véritable suit ce souffle, il ne s’y oppose pas.”

Ce “souffle non attaché” est la véritable hygiène du cœur.
C’est lui qui permet de rester léger, même quand tout change.

Et Liezi, dans son Classique du Vide Parfait, ajoute :

“Quand le cœur est vide, le souffle se déploie librement.”
Le vide, dans la pensée taoïste, n’est pas un manque.
C’est un espace disponible — un ciel dégagé où la vie peut respirer à nouveau.

Ce week-end, essaye ceci :
Quand une pensée te pèse, au lieu de vouloir la chasser,
respire-la.
Inspire en la regardant,
expire en la laissant partir.

Fais-le trois fois.
Pas pour t’en débarrasser,
mais pour lui rendre sa place — juste un souffle dans le grand air.

Tu verras : à la troisième expiration, ce n’est plus toi qui lâches…
c’est elle qui s’en va.

Tu peux aussi essayer le rituel du papier blanc :
chaque soir, écris une phrase courte :
“Aujourd’hui, je laisse partir…”
Souffle doucement dessus,
puis froisse-la et brûle-la.

C’est simple, mais c’est du Qi Gong de l’esprit.
Parce que le Poumon et le mental sont un seul organe quand il s’agit de respirer la vie.

En résumé …

Le Tao n’enseigne pas à fuir le monde, mais à le traverser sans s’y noyer.
Comme une feuille qui tombe, légère, sans tristesse —
parce qu’elle sait qu’elle retourne à la terre pour nourrir la prochaine saison.

“Qui sait mourir, renaît.
Qui sait exhaler, inspire à nouveau.”
Lao Tseu, Dao De Jing, chap. 50

C’est cela, la santé véritable :
un Poumon clair, un cœur vide, un esprit disponible.
Autrement dit : le ciel à l’intérieur.

La sortie automnale du week end

Atelier Qi Gong au Jardin de Villandry — Dimanche 12 octobre 2025


Tu t’es déjà arrêté un instant, en silence, dans un jardin au petit matin ?
Ce moment suspendu où la rosée s’accroche aux herbes, où le vent caresse les feuilles, et où la terre respire encore lentement…

C’est à cet instant précis que naît le souffle du Qi Gong.
Pas celui des salles ni des écrans.
Mais celui du vivant.

Dans les enseignements anciens, il est dit :

“Le sage s’accorde aux souffles du ciel et de la terre, et son cœur devient comme le matin du monde.”
Su Wen, chap. 8

Ce dimanche 12 octobre, je t’invite à vivre cette expérience.
Pas une performance. Pas un cours de plus.
Une rencontre.
Entre ton souffle et celui du jardin.

Au cœur de Villandry, dans l’un des plus beaux lieux de France,
nous pratiquerons deux heures d’un Qi Gong simple, enraciné et vibrant :
— des mouvements inspirés du Tao, fluides comme le vent dans les bambous,
— une respiration qui relie, comme la sève entre la terre et le ciel,
— et ce sentiment rare… celui de redevenir perméable à la beauté.

Parce que le vrai lâcher-prise, ce n’est pas oublier ses soucis,
c’est se rappeler que le monde respire avec toi.

Et dans le silence du jardin, entre deux souffles,
tu comprendras peut-être ce que voulait dire Lao Tseu :

“La grande perfection semble incomplète, mais son utilité ne disparaît jamais.”
Dao De Jing, chap. 45

Participation : 25 €, entrée du jardin comprise.
📍 Inscription auprès du restaurant La Doulce Terrasse
📞 02.47.50.02.10

Les places sont limitées —
parce que le silence et la beauté n’aiment pas la foule.


Et pour la suite…

Le Qi Gong continue toute l’année avec l’association ARURA :

  • Cours hebdomadaires à Tours (lundi et mercredi, 18h–20h)

  • Ateliers en ligne Qi Gong Live (chaque mercredi  soir en simultané avec le groupe du mercredi en présentiel, 18h–20h)

  • Et des capsules de saison, comme celle-ci, pour t’accompagner dans ton rythme naturel.

Rejoins-nous.
Respire avec nous.
Et rappelle-toi que la pratique commence là où finit la tension.


Pour recevoir les Capsules Zen & Bien-Être avant tout le monde, inscrivez-vous à la newsletter :
👉 [Je m’inscris  à « La Lettre du Tao du vendredi ».]

Olivier ALLENO
Praticien et enseignant des arts du TAO
Passeur d’héritage

Capsule N°15 – Zen & Bien être-Qi Gong lâcher-prise automne

Capsule n°15

Temps de lecture estimé : 5 min

Respiration / Qi Gong minute 

Il y a un détail que presque tout le monde oublie dans sa journée : respirer.
Pas seulement « inspirer-expirer » comme une mécanique… mais vraiment respirer, avec le corps entier.

Essaie maintenant. Imagine que devant toi se dressent deux lourdes portes de temple.
Tu inspires, tu soulèves doucement les bras… et tu écartes ces portes.
L’air entre, la poitrine s’ouvre, le monde semble plus vaste.

Puis tu expires, et tu refermes lentement les bras devant la poitrine.
Les paumes se rapprochent comme pour contenir un secret.
Tout ce qui est lourd redescend, les épaules s’apaisent, le mental se dépose.

Trois fois seulement. Pas plus.
Et tu sens déjà l’air circuler différemment.

Variante Tai Chi Chen : laisse tomber le poids de tes épaules.
Tes mains deviennent comme deux nuages. Elles s’ouvrent, se referment.
Elles repoussent le ciel… puis l’attirent à nouveau vers ton cœur.

Répète ce geste dans ta journée.
À la pause café, dans ta cuisine, ou même sur le trottoir.
C’est comme une clé cachée : à chaque ouverture, tu laisses entrer la vie. À chaque fermeture, tu déposes ce qui t’encombre.


Sagesse des textes

« L’homme véritable se vide de lui-même et laisse passer le souffle du ciel. » — Zhuangzi

C’est une phrase simple.
Mais si tu la lis vraiment… elle peut changer ta journée.

Parce que soyons honnêtes : la plupart d’entre nous passent leur temps à retenir.
On retient sa respiration quand on stresse.
On retient ses émotions de peur de déranger.
On retient ses rancunes parce qu’on croit que ça nous protège.

Et le résultat ?
On se sent lourd. Serré. Vide d’énergie.

Zhuangzi, lui, propose l’inverse : se vider pour laisser passer le souffle.
C’est ça, le vrai lâcher-prise.
Pas une technique compliquée, pas une promesse de gourou… juste arrêter de serrer ce qui est déjà mort.

Le Gros Intestin nous donne la leçon chaque jour : il garde l’essentiel, élimine le reste.
Et toi ?

Combien de choses continues-tu à stocker qui devraient déjà être parties ?

Regrets, objets entassés, colères jamais digérées…
Tout ça, c’est du « vieux » que tu portes comme une valise inutile.

Et si tu essayais, juste aujourd’hui, de laisser passer le souffle du ciel ?
Un geste. Une respiration.
Ouvrir. Fermer.
Et sentir que dans cet aller-retour, tu n’as plus besoin de tout retenir.


Marché du week-end — début octobre

Il y a des semaines où l’on sent que le corps réclame simple, chaud, digeste.
L’automne ne demande pas la performance… il demande du tri. On garde ce qui nourrit. On laisse partir le reste. (Oui, comme le Gros Intestin).
Voici ton trio gagnant : entrée, plat, dessert — faciles, de saison, et alignés avec l’énergie Métal (Poumon/Gros Intestin).


1) Entrée — Velouté clair céleri branche & poire

Objectif : hydrater la sécheresse automnale, apaiser, ouvrir la respiration.

Ingrédients (4 bols)

  • 3 branches de céleri (émincées)

  • 2 poires françaises (Conférence ou Comice), mûres, en dés

  • 1 petit oignon, 1 c. à soupe d’huile d’olive

  • 800 ml d’eau chaude (ou bouillon léger)

  • Sel fin, poivre blanc (option), zeste de citron (micro-râpé, option)

Pas à pas (12 minutes de feu + 5 de mixeur)

  1. Saisis l’oignon dans l’huile 2 min, feu doux. Ajoute le céleri 4 min (il « tombe »).

  2. Ajoute les poires + l’eau. Frémis 6 min, pas plus.

  3. Mixe très lisse. Assaisonne léger. Une pointe de zeste pour la fraîcheur.

Pourquoi c’est pertinent (TCM & saison)

  • Poire : en diététique chinoise, elle humidifie et clarifie les Poumons, aide en cas de toux sèche et de gorge irritée — un grand classique d’automne pour contrer la sécheresse saisonnière.

  • Céleri branche : aliment rafraîchissant qui aide à drainer chaleur et humidité, réguler l’eau et soutenir l’axe digestion (Rate/Estomac). Il apporte la légèreté qui empêche la soupe de devenir « étouffante ».

  • Métal en automne : la saison appelle l’intériorisation et le mouvement « inspirer/expirer – trier/éliminer » des Poumons & Gros Intestin — exactement la logique de cette entrée simple, hydratante et claire.


2) Plat — Champignons sautés aux noix & butternut

Objectif : nourrir le Qi sans lourdeur, calmer la nervosité, tenir au chaud sans écraser.

Ingrédients (4 parts)

  • 500 g de champignons (shiitakés si possible, sinon mélange de saison)

  • 400 g de butternut en cubes (ou potimarron)

  • 1 poignée de noix françaises, grossièrement concassées

  • 1 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à café de tamari (option)

  • 1 gousse d’ail, persil ou ciboulette

Pas à pas (15 minutes)

  1. Rôtis le butternut à la poêle (ou au four) jusqu’à tendreté.

  2. Saisis les champignons à feu moyen-vif, sans les noyer : ils doivent chanter, pas bouillir.

  3. Ajoute l’ail, les noix, le tamari, puis le butternut. Mélange 1 min. Parsème d’herbes.

Pourquoi c’est pertinent (TCM & données modernes)

  • Butternut / courge : saveur douce, légèrement tiède, renforce Qi de Rate/Estomac, aide à transformer l’humidité et les mucosités — parfait pour les mi-saisons humides et les digestions fragiles. Certaines sources mentionnent aussi une affinité avec Poumon & Gros Intestin.

  • Noix (Hu Tao Ren) : réchauffent doucement, nourrissent les Reins, humectent les Intestins (constipation sèche), et réconfortent le Poumon — donc lien direct avec l’axe Métal et l’élimination.

  • Champignons (shiitaké) : apportent des β-glucanes (lentinane) étudiés pour le soutien immunitaire et la modulation de l’inflammation — utile à l’entrée des saisons froides.

Résultat dans l’assiette : un plat chaud, moelleux, rassurant, qui nourrit sans alourdir, et qui apaise la nervosité (quand le mental s’emballe, la douceur tiède de la courge + le croquant huileux des noix, ça pose).


3) Dessert — Figue rôtie au miel & sésame noir

Objectif : humidifier en douceur, aider le transit, adoucir la gorge — sans plomber la digestion.

Ingrédients (4 personnes)

  • 8 figues mûres

  • 2 c. à café de miel max (ou sirop de pomme/poire, option)

  • 2 c. à café de sésame noir (légèrement torréfié)

  • 1 pincée de cannelle (option)

Pas à pas (8 minutes)

  1. Incise les figues en croix, dépose une micro-goutte de miel au cœur.

  2. Four 6–8 min à 170°C (juste pour « ouvrir » le fruit).

  3. Sers tiède, parsemé de sésame noir.

Pourquoi c’est pertinent (TCM & MTC)

  • Figue (Wu Hua Guo) : neutre/douce, humidifie Poumons & Intestins, aide le transit (constipation sèche), adoucit la gorge et soutient l’axe Rate/Estomac.

  • Sésame noir : traditionnellement utilisé pour nourrir Yin & Sang, soutenir les Reins et lubrifier les intestins — un binôme naturel avec la figue pour un dessert « utile ».


En conclusion, ce qu’il faut retenir … Le fil rouge « Métal »

  • Automne = Métal = Poumons & Gros Intestin : énergie qui descend et contracte, besoin d’hydrater et de laisser partir.

  • Ta table applique ça :

    • Entrée claire & hydratante (poire) pour les Poumons.

    • Plat chaud & rassurant, qui nourrit le Qi (courge), soutient l’immunité (champignons) et lubrifie l’intestin (noix).

    • Dessert moelleux & humectant (figue) qui aide la sortie en douceur.


Santé & Taoïsme appliqué

Le Gros Intestin n’a pas de poésie, pense-t-on.
Et pourtant… c’est lui qui nous apprend une des lois les plus simples de la vie : garder l’essentiel, laisser partir le reste.

Chaque jour, ton corps trie.
Il absorbe ce qui nourrit.
Il expulse ce qui alourdit.
Tu ne lui demandes pas son avis : il sait, mieux que toi, ce qu’il faut conserver et ce qu’il faut jeter.

Alors pourquoi, dans ta tête, tu continues à garder tout ?
Les rancunes.
Les regrets.
Les objets accumulés qui prennent la poussière.
Les histoires qu’on se repasse en boucle comme une vieille cassette.

C’est là que l’automne devient un maître discret.
Les feuilles tombent, pas par faiblesse, mais par intelligence.
Si l’arbre ne lâchait pas, il mourrait écrasé sous son propre poids.

Et toi ? Que devrais-tu laisser tomber avant que ça ne t’écrase ?

Voici une pratique taoïste toute bête.
Chaque soir, prends un papier.
Écris une seule chose que tu choisis de lâcher.
Un regret, une peur, une obsession, peu importe.

Plie-le.
Souffle dessus comme pour y déposer ton fardeau.
Puis froisse-le… et jette-le.

Le geste est simple, presque enfantin.
Mais à force de le répéter, tu sentiras une légèreté étrange, comme si tu respirais enfin plus grand.

Le Gros Intestin, c’est ça : un maître silencieux.
Il ne parle pas, il évacue.
Il ne s’accroche pas, il fait de la place.
Et si tu l’écoutes, il t’enseignera l’art le plus difficile : lâcher ce qui est déjà mort, pour que la vie circule à nouveau.


Atelier Qi Gong aux Jardins de Villandry

Imagine… marcher dans l’un des plus beaux jardins de France, où chaque allée, chaque fleur, chaque bassin semble respirer.
Tu t’arrêtes.
Tu inspires profondément.
Et soudain, tu sens : ce n’est plus seulement un jardin… c’est un maître silencieux.

Le 12 octobre, je t’invite à vivre cette expérience unique : un atelier de Qi Gong au cœur des Jardins de Villandry.
De 10h30 à midi, nous allons :

  • Découvrir l’énergie subtile des lieux.

  • Lire le jardin comme un livre vivant.

  • Nous connecter à son âme, par le souffle et le mouvement.

  • Harmoniser notre corps et notre esprit avec les 5 éléments.

C’est un moment rare.
Parce qu’ici, la beauté du lieu amplifie la pratique.
Parce que pratiquer ensemble, au cœur d’un joyau du patrimoine, change ta perception du Qi Gong.
Parce que tu repars léger, apaisé, ré-accordé.

👉 Tarif : 25 € (entrée au jardin comprise).
📍 Lieu : Jardins de Villandry.
📆 Dimanche 12 octobre 2025 – 10h30 à 12h00.
👤 Avec moi, Olivier, praticien des Arts du Tao depuis 2004.

⚠️ Les places sont limitées → inscription obligatoire auprès du restaurant La Douce Terrasse (02 47 50 02 10).

Ne rate pas cette occasion.
Un jardin, un souffle, un instant pour toi.
Et peut-être, une clé que tu garderas longtemps.


ARURA – Le Courrier n°10 (Octobre 2025) : découvrez toutes les nouveautés !

ARURA – Octobre 2025 : un souffle de nouveautés dans ce courrier n°10

Le souffle d’automne

 
Cher(e) ami(e) du souffle,
 
Octobre est un mois de bascule : les feuilles tombent, l’air devient plus frais, la lumière se fait douce.
C’est la saison du Métal en énergétique chinoise, qui nous invite à lâcher prise de ce qui est superflu, comme l’arbre laisse tomber ses feuilles pour préserver son énergie.
 
Dans cette lettre, je vous propose d’explorer ensemble cette sagesse de l’automne, à travers un exercice de Qi Gong, une recette simple et quelques actualités ARURA.

Thème du mois – L’art de lâcher prise avec le Gros Intestin

 
En médecine chinoise, le Poumon et le Gros Intestin sont les organes phares de l’automne.
Leur enseignement est clair :
 
  • Respirer profondément pour accueillir le nouveau.
  • Éliminer ce qui ne nous sert plus, qu’il s’agisse de tensions, de pensées lourdes ou d’émotions stagnantes.
 
Comme le dit Zhuangzi :
 
“Celui qui sait se vider peut accueillir le monde.”

Pratique du mois – Ouvrir / fermer pour libérer le souffle

 
Essayez cette pratique simple, inspirée du Qi Gong taoïste et du Tai Chi Chen :
 
  1. Placez vos pieds parallèles, largeur d’épaules.
  2. Inspirez en ouvrant les bras sur les côtés, paumes vers le ciel, poitrine qui s’élargit.
  3. Expirez en refermant doucement les bras devant vous, paumes tournées vers la terre, relâchez les épaules.
  4. Répétez 9 fois.
 
Chaque ouverture est une invitation à accueillir.
Chaque fermeture, un lâcher-prise.

Recette d’octobre – Soupe claire aux légumes racines

 
En automne, il est conseillé de privilégier une alimentation chaude, légère et réconfortante.
 
👉 Voici une soupe simple selon la diététique chinoise :
  • 1 navet
  • 2 carottes
  • 1 morceau de céleri branche
  • Un peu de gingembre frais
Quelques gouttes d’huile essentielle alimentaire Céleri doTERRA (optionnel)
 
🔸 Bienfaits :
 
  • Navet : purifie et soutient le Poumon.
  • Carotte : nourrit le Sang et la Rate.
  • Céleri : apaise le Feu et favorise l’élimination.
  • Gingembre : réchauffe et stimule le Qi.
 
Un bol le soir aide à clarifier l’esprit et à apaiser le système digestif.

📅 Actualités ARURA – Octobre

 
  • Cours hebdomadaires Qi Gong : chaque lundi & mercredi de 18h à 20h
  • Cours hebdomadaires Tai Chi Chuan : Chaque vendredi de 18h à 20h
 
Nouvelles ressources disponibles sur notre pratique du Dao Jia Yang sheng Gong
  • Atelier Bâton de Santé : Dimanche 19 octobre 2025, 10h-12h

La sortie du mois – Connecte-toi à la puissance des jardins de Villandry

On croit souvent que pour retrouver la paix intérieure, il faut partir loin.
Dans un monastère.
En haut d’une montagne.
Ou au bout du monde.
 
Mais la vérité… c’est qu’il suffit parfois d’un lieu.
Un lieu unique.
Où l’air est plus léger.
Où la beauté du jardin t’invite à respirer différemment.
Où chaque mouvement que tu fais reconnecte ton corps à une énergie que tu avais oubliée.
 
Ce lieu existe.
C’est le Jardin de Villandry.
 
Et le dimanche 12 octobre 2025, tu vas y vivre une expérience rare :
un atelier de Qi Gong qui va transformer ta façon de respirer, de bouger… et même de voir la pratique autrement.

Stage Qi Gong spécial Eau rein/Vessie : Dimanche 16 novembre 2025, toute la journée

En médecine énergétique chinoise, chaque mois est relié à une saison, un élément, et donc à un organe/entraille (Zang/Fu) précis du cycle des Cinq Mouvements.
 
👉 Le mois de novembre correspond à la saison de l’hiver naissant, dominée par l’élément Eau (Shui 水).
 
Organe (Zang) : Rein (Shèn 腎)
Entrailles (Fu) : Vessie (Pangguang 膀胱)
 
Détails énergétiques :
Le Rein est considéré comme la « racine de la vie » (stockage du Jing, énergie essentielle).
La Vessie régule l’eau et élimine les liquides usés.
L’hiver et le mois de novembre invitent à l’intériorisation, au repos, au stockage de l’énergie, comme la nature qui entre en sommeil.
 
Prochainement je vous communiquerai les informations concernant ce stage.

Les carnets du Tao
Les carnets du Tao

Ressource du mois

 
Les carnet du TAO.
Il y a des chemins qu’on ne choisit pas.
Ils nous choisissent.
 
Le Tao n’est pas une idée, un concept à saisir, ni une méthode à répéter.
Il est souffle vivant, mystère silencieux, danse entre l’invisible et le tangible.
Et parfois, il se dépose en nous…
comme une pluie douce sur une terre assoiffée.
 
Ces carnets sont nés de cette pluie.
Ils rassemblent des éclats de silence, des fragments d’intuition, des paroles anciennes qui vibrent encore dans le présent.
Tout ce qui est écrit ici ne cherche pas à convaincre.
Il cherche à éveiller.
Une étincelle.
Un frémissement.
Un « je ne sais quoi » qui résonne profondément dans ton cœur et dans ton corps.
 
 
“Respirer, c’est dialoguer avec l’univers. Chaque souffle est une réponse.”

Comment et ou vous équipez pour la pratique ?

Partenaire d’ ARURA : Budo Spirit à Chambray-lès-Tours
 
Grâce à notre collaboration avec Budo Spirit, vous bénéficiez de 10 % de remise sur vos achats en boutique. Là-bas, vous pourrez vous équiper pour votre pratique : bâton de santé, pantalon, chaussures spécialisées, protections et bien d’autres articles utiles.
Coordonnées de Budo Spirit
Nom / Responsable : Frédéric
 
Adresse : 10 avenue de la République, 37170 Chambray-lès-Tours
Téléphone : 09 83 80 75 71
Email : contact@budo-spirit.com
Horaires indicatifs : mardi à samedi, de 10h à 18h45

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